outil de sevrage tabagiqueC’est la question qui est au cœur des enjeux depuis plusieurs années déjà.  En ce début d’année, souvent synonyme de bonnes résolutions et de tentatives de sevrage tabagique, Sciences et Avenir s’est intéressé aux études récentes publiées sur la cigarette électronique. La cigarette électronique outil de sevrage tabagique ou danger ?

Cet article détaille les arguments proposés par les journalistes de Sciences et Avenir et a ni vocation à trancher sur l’utilité de la cigarette électronique dans le sevrage tabagique, ni sur son innocuité.

La cigarette électronique est-elle un outil de sevrage tabagique ?

« La cigarette électronique n’est pas une porte d’entrée dans le tabagisme. C’est plutôt un frein et un concurrent du tabac ! Bien moins toxique »,  affirmait le Professeur Bertrand Dautzenberg, célèbre défenseur de la cigarette électronique en clôture du symposium E-Cig le 2 décembre 2016. Ce symposium était le premier événement « scientifique » sur le vapotage organisé à la Rochelle en partenariat avec le CNRS, l’Inserm, les Universités de Poitiers et Bordeaux et la FIVAPE. 24 chercheurs issus de 14 pays différents étaient alors réunis pour aborder la question de la nicotine, la façon dont elle est délivrée dans l’e-cigarette et l’attrait que le vapotage peut susciter chez les plus jeunes.

Pour les chercheurs, la cigarette électronique est un potentiel outil de sevrage tabagique et c’est pourquoi il est urgent de placer le curseur entre les bénéfices et les risques en fonction des différentes typologies d’utilisateurs (femmes enceintes, gros fumeurs, asthmatiques,…).

Quant au fait que la cigarette électronique puisse être un outil de sevrage tabagique, seuls les chiffres peuvent en témoigner. . « 6,1 millions d’Européens auraient arrêté de fumer et 9 millions auraient réduit leur consommation grâce à elle », explique Jacques Le Houezec à ce sujet, s’appuyant sur le dernier Eurobaromètre 2014.

La cigarette électronique est-elle dangereuse ?

Pour 51.6% des Européens elle l’est. D’après les témoignages recueillis par Sciences et Avenir lors d’un colloque à Lille au mois de novembre, il semblerait que les tabacologues soient très sollicités sur les demandes de conseils pratiques au sujet de la cigarette électronique. La plupart sont curieux de savoir si elle est aussi efficace que les autres méthodes de sevrage, ou encore si elle favorise la prise de poids. Paradoxalement la demande augmente autant que la méfiance.  « Les Européens sont désormais 51,6 % à considérer la cigarette électronique comme dangereuse, contre 27,1 % en 2012 », explique à ce sujet l’oncologue Maciej Goniewicz, du Roswell Park Cancer Institute, dont les propos sont relayés par Sciences et Avenir.