Hausse des prix des paquets de cigarettes

La hausse des prix des paquets de cigarettes ça marche ? Oui, mais….

La hausse des prix des paquets de cigarettes est-elle suivie d’une baisse du tabagisme ? Existe-t-il un seuil psychologique et sommes-nous en train de l’atteindre ? Alors que le gouvernement a décidé de prendre le problème du tabagisme à bras le corps, sa mesure phare est-elle efficace ? Nous avons scanné la presse pour vous en quête de chiffres, d’avis de spécialistes pour tenter d’éclairer ce point.

Pour le psychologue Jean-Pierre Couteron la hausse des prix des paquets de cigarettes est efficace

Interrogé par les journalistes d’Europe 1, le psychologue et président de la Fédération Addiction Jean Pierre Couteron s’est exprimé sur la hausse des prix du tabac. S’appuyant sur les statistiques, le spécialiste a affirmé que le prix a bien un effet sur la consommation. Malgré une baisse relative du nombre de fumeurs (en comparaison au nombre massif), les données indiquent effectivement une chute soudaine après chaque hausse. Ainsi, les ventes ont baissé de 9.6% en un an.

Pour le professionnel l’argent fait -partie des éléments que nous analysons avant l’achat d’un produit. Et 10 euros (objectif du gouvernement) est un prix important. Un coût qui pousse à s’interroger sur l’utilité du produit par rapport à l’investissement. Un tarif qui rappelle que le tabac n’est pas un produit courant, un produit de consommation quotidien. On n’achète pas un paquet de cigarette comme on achète un paquet de pâtes. Du moins, on ne devrait pas le faire.

Si nous suivons cette logique, nous pouvons affirmer sans sourciller que plus le paquet augmente, moins il y a de fumeurs. Cela signifie-t-il que la France sera sans tabac d’ici 2020, entrée du paquet de cigarette à 10 euros ? Nous pensons que le prix n’est pas la seule donnée à appréhender. S’il a un impact psychologique fort, il reste les irréductibles fumeurs. Ceux dont l’addiction est puissante, et qui paieront le prix qu’il faut.

Les détracteurs de la mesure soulignent également le risque d’achat légal ou illégal à moindres coûts. Les pays européens frontaliers n’appliquent effectivement pas les mêmes prix que la France. La contrebande est en outre une réalité dont il faut tenir compte.

Augmentation du tabac =  baisse de la consommation. C’est en fait plus compliqué

Le tabagisme, et c’est ce qu’explique le psychologue Jean Pierre Couteron, est associé à des micro-situations. Des moments de la vie qui s’accompagnent d’une cigarette : un instant de convivialité, ou un stress évacué dans une bouffée. Le tabac est une addiction complexe qui ne peut s’analyser que par le seul argument du prix.

Ceux qui sont parvenus à se sevrer, vous le diront. Arrêter de fumer n’est pas simple, et quand l’addiction est forte, la hausse des prix des paquets de cigarettes est sans effet réel. Par ailleurs, ne plus acheter de paquets de cigarette dans les bureaux de tabac ne se réduit pas à rester fumeur ou non. Les circuits alternatifs que ce soit l’achat dans un pays frontalier, ou l’achat illégal existent et doivent être pris en compte dans l’évaluation.

Attention, la hausse des prix des paquets de cigarettes a bien un effet positif. Ce que nous soulignons ici, et qui est exprimé par de nombreux spécialistes, c’est que le coût n’est pas la seule réponse. La prévention ne l’est pas non plus. L’accompagnement est aussi la clé du sevrage. Et c’est d’ailleurs la réponse donnée par le gouvernement aux détracteurs. Que ce soit le Mois sans Tabac, ou les campagnes de prévention, la sortie du tabagisme est un tout.

La cigarette électronique subira-t-elle le même sort que le tabac ?

Il y a quelques années encore, fumer était cool. Fumer ne coûtait pas cher. Fumer c’était presque bien. Nous sommes aujourd’hui loin d’une image du tabac positive. Bien que nous passions notre temps à crier que cigarette électronique n’est pas cigarette fumée, nous pouvons nous demander si la cigarette électronique subira le même sort.

D’autant plus quand nous considérons que certains créent des ponts directs entre les deux produits. Bien sûr, nous ne lisons pas dans les boules de cristal et nous ne pouvons répondre fermement à cette question. Ce que nous pouvons simplement dire, c’est qu’on se souvient d’Agnès Buzyn nous dire que la cigarette électronique est moins toxique que le tabac.

Que de plus en plus d’études paraissent au sujet de son efficacité dans le sevrage. Mais aussi que le Royaume Uni en a fait un allié. Et qu’il est un modèle aujourd’hui en matière de lutte contre le tabagisme.

Donc en regardant ces données tendance nous aurions tendance à dire que « non ». Mais n’oublions pas que de nombreux pays sanctionnent toujours l’e-cigarette. Et qu’il nous manque le fameux facteur « temps » pour donner une réponse. Bien que sur le court terme, majorité de scientifiques (et même quelques autorités) s’accordent à dire que les deux sont incomparables.

A ce sujet nous laissons donc le docteur Dominique Dupagne qui dénonçait à l’antenne de France Inter le harcèlement scientifique dont la cigarette électronique fait l’objet nous parler du vapotage :

« Non, on ne peut pas comparer la toxicité, toujours hypothétique et au pire quasi négligeable, de la cigarette électronique à celle prouvée, massive, gravissime de la cigarette fumée, sans faire le jeu de la maladie, de la mort et des cigarettiers »

 

Publié par

fanny

Fanny rédige des articles liés à l'actualité autour de la cigarette électronique depuis 2013.

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