Un état des lieux scientifique sur les risques liés au vapotage
L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) a publié un point complet sur les risques sanitaires liés au vapotage. Objectif : faire l’état des connaissances scientifiques actuelles sur la cigarette électronique, ses composants et ses effets potentiels sur la santé.
Alors que plusieurs millions de Français déclarent utiliser la vape, les travaux de l’ANSES permettent d’apporter un éclairage scientifique sur un sujet qui continue d’alimenter le débat public.
Une composition variable selon les produits

Les liquides de vapotage contiennent généralement :
- Du propylène glycol
- De la glycérine végétale
- Des arômes
- Avec ou sans nicotine
Lors du chauffage, ces substances peuvent générer d’autres composés chimiques. L’ANSES souligne que la composition des aérosols inhalés dépend fortement :
- Du matériel utilisé
- De la puissance de chauffe
- De la formulation du liquide
Certains composés potentiellement toxiques ont été identifiés dans les émissions, notamment des aldéhydes (comme le formaldéhyde ou l’acroléine), en particulier lorsque les dispositifs sont utilisés à forte puissance.
Des effets sanitaires encore en cours d’évaluation
L’ANSES indique que les données scientifiques disponibles ne permettent pas encore d’évaluer précisément les effets à long terme du vapotage.
Les études recensées mettent en évidence :
- Des effets irritants possibles sur les voies respiratoires
- Des impacts potentiels sur le système cardiovasculaire
- Des incertitudes concernant l’exposition chronique
L’agence rappelle que l’absence de combustion dans la vape réduit la production de nombreuses substances toxiques présentes dans la fumée de tabac. Toutefois, cela ne signifie pas absence de risque.
Une vigilance particulière pour certains publics
L’ANSES insiste sur plusieurs points de vigilance :
- Les jeunes : la nicotine peut avoir un impact sur le développement cérébral.
- Les femmes enceintes : l’exposition à la nicotine est déconseillée.
- Les non-fumeurs : l’agence rappelle que l’usage de produits contenant de la nicotine peut entraîner une dépendance.
L’initiation au vapotage chez des personnes n’ayant jamais fumé constitue un sujet d’attention particulier dans les politiques de santé publique.
Un cadre réglementaire déjà en place
En France, la cigarette électronique et les e-liquides sont soumis à un encadrement réglementaire strict :
- Limitation du taux de nicotine (20 mg/ml maximum)
- Obligation de déclaration des produits
- Contrôles sur la composition
- Interdiction de vente aux mineurs
L’ANSES poursuit ses travaux afin d’actualiser les connaissances scientifiques et d’adapter, si nécessaire, les recommandations sanitaires.
Ce qu’il faut retenir
Les conclusions de l’ANSES mettent en avant trois éléments clés :
- Le vapotage expose à des substances potentiellement nocives.
- Les effets à long terme restent insuffisamment documentés.
- La vigilance est particulièrement recommandée pour les publics jeunes et non-fumeurs.
Dans un contexte où les débats autour de la cigarette électronique restent fréquents, les travaux scientifiques contribuent à nourrir une approche basée sur les données disponibles, tout en soulignant les zones d’incertitude qui persistent.




