Sur l’étiquette d’un e-liquide, on la retrouve presque toujours : la glycérine végétale, souvent abrégée en VG. Présente aussi dans l’alimentation et les cosmétiques, elle bénéficie d’une image plutôt rassurante. Mais est-ce suffisant pour conclure qu’elle est sans risque lorsqu’elle est chauffée et inhalée ? Voici ce qu’il faut savoir.
La glycérine végétale, c’est quoi ?
La glycérine végétale (ou glycérol) est un liquide incolore, visqueux et légèrement sucré, d’origine végétale, issu le plus souvent de plantes comme le colza ou le soja. Elle est couramment utilisée dans l’industrie alimentaire, pharmaceutique et cosmétique, notamment pour ses propriétés d’agent hydratant et de support de dilution.
Dans un e-liquide, elle compose, avec le propylène glycol (PG), la base qui sert à diluer la nicotine éventuelle et les arômes. Ces deux substances proviennent de la pharmacopée et constituent la grande majorité de la composition des liquides du marché. Selon l’ANSES, cette base de polyols représente de l’ordre de 80 % du contenu d’un e-liquide.
Quel est son rôle dans un e-liquide ?
La glycérine végétale influence principalement :
- la densité de la vapeur produite : plus la proportion de VG est élevée, plus la vapeur est généralement dense
- la viscosité du liquide, qui peut conditionner la compatibilité avec certains matériels
- la sensation en gorge, généralement perçue comme plus douce qu’avec le propylène glycol
Le propylène glycol, lui, est plus fluide et porte davantage les arômes. Le rapport PG/VG d’un e-liquide résulte donc d’un compromis entre ces caractéristiques.
Est-elle dangereuse ?
C’est là que la nuance est importante. La glycérine végétale est considérée comme sûre pour un usage alimentaire ou cosmétique, mais ce n’est pas la même chose que de l’inhaler après chauffage.
L’ANSES souligne à ce sujet que les effets des composants des e-liquides, dont la glycérine végétale, lorsqu’ils sont chauffés puis inhalés, restent encore insuffisamment connus par rapport à leurs usages classiques. Dans son rapport de février 2026, l’agence rappelle par ailleurs que l’absence de combustion n’empêche pas la présence d’aldéhydes dans les émissions du vapotage, et que l’inhalation de ces substances présente un risque sanitaire pour le vapoteur.
Autrement dit :
- la glycérine végétale n’est pas considérée comme un poison en soi
- c’est le processus de chauffage et d’inhalation, et les composés qui peuvent en résulter, qui font l’objet de l’attention des autorités sanitaires
- le niveau de risque exact d’un usage prolongé reste en cours d’évaluation
Ce qu’il faut éviter
Les recommandations de l’ANSES portent notamment sur la vigilance vis-à-vis des mélanges non prévus pour l’inhalation. Quelques repères généraux :
- éviter les préparations « maison » ou les produits dont la composition n’est pas clairement identifiée
- ne pas utiliser de glycérine vendue pour un autre usage (cosmétique, alimentaire, pharmaceutique) comme base d’e-liquide sans garantie que le produit soit conçu pour le vapotage
- privilégier des e-liquides déclarés auprès de l’ANSES, comme l’exige la réglementation avant toute commercialisation en France
👉 En cas de gêne respiratoire, de toux persistante ou de tout symptôme inhabituel, il est recommandé de consulter un professionnel de santé.
À retenir
- La glycérine végétale (VG) est un liquide visqueux d’origine végétale, présent dans la base de la quasi-totalité des e-liquides, avec le propylène glycol.
- Elle est reconnue sûre en alimentation et en cosmétique, mais ses effets une fois chauffée et inhalée sont encore moins bien connus.
- L’ANSES rappelle que le vapotage émet des aldéhydes malgré l’absence de combustion, et que leur inhalation présente un risque pour le vapoteur.
- Les mélanges « maison » et les substances non prévues pour l’inhalation sont à éviter.
- Les e-liquides vendus en France doivent faire l’objet d’une déclaration préalable auprès de l’ANSES.
La vente des produits de vapotage est interdite aux mineurs. La nicotine crée une dépendance, son usage est déconseillé aux non-fumeurs. Cet article a un but informatif et ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.




