Il y a quelques jours, une consultation historique se clôturait à Bruxelles. Du 18 mai au 15 juin 2026, la Commission européenne avait ouvert ses portes à tous les citoyens européens. Vapoteurs, professionnels, chercheurs et associations pouvaient donner leur avis sur une question centrale : faut-il décider de l’interdiction des arômes dans les e-liquides à l’échelle de toute l’Europe ?
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De quoi s’agissait-il exactement ?
L’Union européenne révise régulièrement sa loi sur les produits du tabac. On l’appelle la TPD, pour Tobacco Products Directive. Cette directive encadre les ingrédients, les arômes, l’emballage et l’accès au marché. Elle évolue environ tous les 10 à 15 ans : en 2001, puis en 2014. Cette nouvelle version s’appelle la TPD3.
Les vapoteurs avaient de bonnes raisons de surveiller ce dossier. Les produits du vapotage étaient particulièrement en ligne de mire : interdiction des arômes, limitation du taux de nicotine, paquet neutre, restrictions de vente… Tout était sur la table.
Ce que la Commission envisageait de changer
La Commission souhaitait introduire des règles sur les arômes dans les cigarettes électroniques et les sachets de nicotine. Elle voulait aussi renforcer l’étiquetage, imposer le paquet neutre et encadrer le marketing numérique.
En pratique, cela aurait pu faire disparaître les arômes fruités, sucrés et gourmands des e-liquides. Seul l’arôme tabac aurait pu subsister dans certains scénarios.
Pourquoi les arômes étaient-ils visés ?
La Commission européenne avait mis en avant la protection des jeunes. Elle soulignait que les jeunes se trouvaient face à des produits « aromatisés, colorés et largement commercialisés ». Selon elle, les arômes jouaient un rôle central dans l’entrée des mineurs dans la consommation de nicotine.
Elle avait aussi critiqué le cadre actuel. La procédure d’interdiction des arômes caractérisants était jugée trop lourde et trop lente. Les fabricants adaptaient leurs produits plus vite que les autorités ne pouvaient les évaluer.
Plusieurs pays, dont la France, poussaient pour une interdiction totale et immédiate.
Une mobilisation forte du côté des vapoteurs
Les vapoteurs n’avaient pas attendu pour réagir. Plus de 22 000 avis avaient été déposés sur la plateforme européenne pendant la consultation. Associations, professionnels et particuliers avaient répondu en nombre.
Leur argument principal restait le même. Dans une grande enquête, 88 % des vapoteurs estimaient que les arômes avaient été décisifs dans leur arrêt du tabac. Et 74 % choisissaient des arômes fruités.
Les données de terrain allaient dans le même sens. Dans les pays de l’UE qui avaient déjà interdit les arômes, les marchés légaux avaient chuté et le commerce illicite avait explosé. Personne ne voulait reproduire ce scénario à l’échelle européenne.
En France, la pétition « Vaper n’est pas fumer » de la FIVAPE avait déjà rassemblé plus de 240 000 signatures sur des enjeux proches.
Et maintenant, quelle suite ?
La consultation a fermé ses portes le 15 juin 2026. Les contributions vont maintenant alimenter la rédaction de la TPD3. La Commission européenne prévoit de finaliser ce texte entre 2027 et 2028. Les États membres devront ensuite le transposer dans leur droit national d’ici 2029/2030.
La décision finale sur les arômes n’est donc pas encore prise. Le débat se poursuit.
À retenir
- La consultation publique européenne sur la TPD3 s’est clôturée le 15 juin 2026.
- L’interdiction des arômes dans les e-liquides était l’une des mesures phares à l’étude.
- Plus de 22 000 contributions avaient été déposées, dont beaucoup émanaient de vapoteurs et de professionnels.
- La TPD3 devrait être finalisée entre 2027 et 2028, avec une application à partir de 2029/2030.
- La mobilisation citoyenne reste essentielle pour peser dans les arbitrages à venir.
Attention : la nicotine crée une dépendance. Son utilisation est déconseillée aux non-fumeurs.




