Alors que Marisol Touraine, la ministre de la Santé, vient d’interdire l’e-cigarette dans les lieux publics et aux moins de 16 ans, plusieurs tabacologues s’interrogent sur cette décision qui nuit, selon eux, à l’intérêt de la population,en effet,les personnes faisant la démarche de la e-cigarette devrait être encouragé plutôt que pris pour cible.

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« Excès de zèle catastrophique »

Marisol Touraine aurait-elle alors agi par précaution, face aux risques potentiels d’une nocivité encore non avérée ? « La ministre française pèche par excès de prudence. Ce zèle est catastrophique », juge Jean-François Etter, professeur en santé publique à l’université de Genève, contacté par FRANCE 24. « Je suis en désaccord total avec les conclusions [du rapport du 28 mai, NDLR] qui n’ont aucune base scientifique sérieuse. La cigarette électronique est une alternative qui peut sauver des millions de vies. Je ne comprends absolument pas ces déclarations décevantes et qui vont à l’encontre de l’intérêt de la population », poursuit-il, excédé.

Pour de nombreux experts en tabacologie, l’e-cigarette, sans avoir les vertus d’un médicament, représente, en effet, une « promesse thérapeutique » enthousiasmante. Selon le médecin William Lowenstein, spécialiste des addictions et président de l’association SOS addictions, les bénéfices du gadget pour les « vapoteurs » sont indéniables. « [Dans la cigarette électronique], vous n’avez plus toutes les substances cancérigènes qui sont promues par la combustion. (…) Remplacer la cigarette, c’est déjà se sevrer de cette cochonnerie cancérigène« , soulignait-il dans l’émission « C à dire », diffusée le 16 mai dernier sur France 5.

Éliminer un concurrent  des lobbies pharmaceutiques

Un autre expert, le professeur Robert Molimard, pionnier dans la recherche sur la tabacologie, n’hésite pas à pointer du doigt de « probables arrangements » entre lobbies pharmaceutiques et gouvernements européens dans les prises de décisions sur l’e-cigarette. « Comment ne pas s’interroger quand la plupart des experts du rapport de l’OFT, dont Bertrand Dautzenberg, Béatrice Le Maître, Gérard Mathern, déclarent avoir des liens, voire des contrats, avec des groupes pharmaceutiques ! Il y a évidemment conflit d’intérêt ! », explique-t-il, las, à FRANCE 24.

Il est vrai qu’à la page 20 du rapport, on peut lire, étonnament, que l’expert « Daniel Thomas déclare avoir des contrats de recherche avec Boerhinger Ingelheim France et Pierre Fabre Médicament, des contrats de consultant-conseil avec Pfizer et Solvay Pharma, des contrats d’actions de communication avec Pfizer, Novartis Santé Familiale, Pierre Fabre Médicament, Mc Neill et Servier, et des prises en charge de frais de congrès par Pfizer et Pierre Fabre Médicament ».

Comme nous le savons tous dès lors qu’un manque à gagner est susceptible de « frapper à la porte » des laboratoires pharmaceutiques,ces derniers n’hésitent pas à user de leur influence sur les gouvernement pour tenter de minorer l’ impact financier sur leur industrie! Tout cela évidement au détriment des clients désirant profiter de la cigarette électronique ou tout autres moyens de sevrages pour lesquels les laboratoires n’auraient pas l’exclusivité de vente!