coûtstraitementsducancerLes médicaments traitant le cancer sont onéreux ! Si chers que 110 cancérologues et hématologues français ont décidé de dénoncer les coûts dans un appel publié dans Le Figaro. A l’initiative de l’appel, deux cancérologues reconnus : Jean-Paul Vernant professeur d’hématologie auteur des recommandations du troisième plan cancer, et Dominique Maraninchi qui a notamment présidé l’Institut national du cancer. Suite à cet appel, le Figaro est revenu sur les raisons de la colère.

Coût des traitements du cancer : 110 cancérologues alertent

Le Professeur Vernant estime qu’une « bulle s’est installée, et (qu)’elle est sur le point d’exploser ». «L’industrie pharmaceutique détermine ses prix en fonction de ce que le marché est prêt à payer», et non donc en fonction des coûts réels toujours d’après le même acteur dont les propos sont relayés par le Figaro. Chers ? Le coût des traitements du cancer sont deux fois moins chers en Europe qu’aux Etats-Unis. A titre d’exemple, le Glivec utilisé dans le traitement de la leucémie myéloïde chronique coûte 7500 euros par mois aux Etats-Unis contre 3000 euros en France. Pourquoi être en colère par conséquent ? Parce que bien que moins chers en France qu’aux Etats-Unis, les traitement demeurent onéreux…

Les médecins encouragent la cigarette électroniqueUn retour sur investissement critiqué

Selon les signataires de l’appel, le nécessaire retour sur investissement de l’industrie pharmaceutique est un argument qui ne justifie pas le prix. D’après le New York Times, le Glivec à dollar constant est passé de 4500 à 8400 entre 2014 et 2015. «Nous défendons l’idée qu’il faut payer le juste prix du médicament, mais aujourd’hui les industriels ne calculent plus leur prix sur la base des efforts en recherche et développement engagée, et d’ailleurs moins de 15 % du chiffre d’affaires va dans la R&D (recherche et développement)» explique le Professeur Vernant. Il souhaiterait que le prix du médicament se base sur les sommes investies par les industriels dans la Recherche et développement, auquel serait ajouté le retour sur investissement, calculé raisonnablement.

Pour éviter de se retrouver dans le cas britannique, où les traitements trop coûteux par rapport à l’efficacité ne sont plus remboursés, les 110 désirent un «un système d’arbitrage des prix plus démocratique et plus transparent, en y associant de façon structurelle des représentants des patients et des professionnels». Les 110 comptent faire de leur appel une pétition pour que les choses changent.