La cigarette à vapeur fait polémique à Bruxelles

Hémicycle de l'Union européenne

Un article publié sur  le journal L’Express le 29/11/2013,

L’Union européenne  va déposer  le 3 décembre 2013 un projet visant à encadrer l’utilisation de la cigarette électronique. Le projet viserait à faire disparaître tous les arômes de recharges liquide pour e-cigarette proposés par les commerçants de la e-cigarette. Ainsi, il faut se demander quelles sont les motivations qui poussent Bruxelles à proposer ce type de projet. Les industries du tabac et des laboratoires pharmaceutiques exercent-elles un pouvoir si fort sur les instances européenne? Ou est-ce dans un soucis de santé publique?

  • Après avoir en octobre dernier proposer de faire passer la cigarette électronique en médicament, l’UE proposera le 3 décembre un projet visant à encadrer de manière forte les ventes de la e-cigarette et les produits y afférant. Concrètement, les arômes actuellement disponibles sur le marché seraient considérablement réduits. « Seules les saveurs qui sont autorisées dans le cadre des thérapies de sevrage tabagique  seraient disponibles à la vente, sauf si elles sont particulièrement attractives pour les jeunes et les non-fumeurs », stipule le projet de l’UE. Selon certains responsables d’associations de défense des non-fumeurs, la e-cigarette pourrait encourager les jeunes adolescents ou encore les non-fumeurs adultes à tomber dans la dépendance en Nicotine.

Un concurrent direct à l’industrie du tabac

  • En effet, l’arrivée cigarette électronique a fait bondir les dirigeants et actionnaires de Philip Morris International par exemple. Acteur principal de l’industrie du tabac, ce groupe propriétaire des marques de cigarettes Marlboro, Chesterfield ou encore L&M, cette entreprise a eu un chiffre d’affaire de 63 milliards de dollars.(en 2008) Ce montant est supérieur au produit intérieur brut de la Biélorussie (estimation faites par le FMI pour l’année 2008)

Il semble donc clair que la puissance financière de ce type d’entreprise est suffisant pour orienter ou du moins influencer de manière significatives les projets d’États ou de groupements entre pays.

 

  • Pour Sébastien Bouniol, vice-président de l’Association indépendante des utilisateurs de cigarette électronique (AIDUCE), « les arguments mis en avant par l’UE ne font que servir les intérêts de l’industrie du tabac. On ne se préoccupe pas de la santé des citoyens, mais plutôt de l’argent que représente le marché de la cigarette électronique. »

La commercialisation de la cigarette à vapeur  crée entre 100 et 200 millions d’euros de chiffres d’affaires en 2013, avec 1,5 million de consommateurs réguliers, ce qui n’est pas négligeable! Pour continuer cette analyse des motivations de Bruxelles de lancer ce type de projet .

 

Comment est taxé un paquet de cigarette en France?

 

  •  Si l’on additionne les différentes taxes dont fait l’objet un paquet de cigarette, on arrive à 63,99% + 16,40% =80,39%   sans compter l’imposition des revenus des fabricants et buralistes. Il est donc évident que le tabac assure à l’industrie du tabac des ressources immédiates et importantes provenant de cette imposition à plus de 80%!

Il paraît donc fort plausible que la puissance financière de l’industrie du tabac influence les décisions nationales et parlementaires. Malgré toutes les études scientifiques prouvant les effets dramatiques du tabac, des études menées conjointement sur les conséquences financières des maladies et détérioration de la santé publique nationale, les Etats et instances Européenne n’ont pas pris conscience de la nécessité de gérer sur le long terme le problème des conséquences du tabac. À ce rythme-là, le « trou de la sécurité sociale n’a pas fini d’être creusé »!