Vous avez sans doute eu l’occasion de le voir dans bon nombre de magazines, dès le début de décembre une étude japonaise a défrayé la chronique. Un message simple reprit par les médias : la cigarette électronique serait 10 fois plus nocive que la vrai cigarette en tabac.
Oui mais voilà ! Après relecture de l’étude japonaise on s’aperçoit que l’on ne parle pas de dix fois plus mais… de six fois moins ! Faisons le point.

 

Cette nouvelle a remué tous les vapoteurs français : selon une étude envoyée au ministère de la Santé japonais les vapeurs des e-cigarettes contiendraient des substances cancérigènes. Mais ce n’est pas tout ! Ces substances seraient présentes en quantités bien supérieures à celles contenues dans la fumée du tabac.

La substance la plus mise en avant : le formol. Considérément comme cancérigène on le retrouverait dans une des marques analysées à un niveau de formaldéhyde à un niveau dix fois plus élevé que celui contenu dans les cigarettes d’après le meneur de l’étude, Naoki Kunugita.

Comble de la mauvaise nouvelle : L’étude a également révélé la présence d’autres substances dangereuses comme l’acroléine, le glyoxal (ou éthanedial), le méthylglyoxal et l’acéthaldéhyde (ou éthanal).

 

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Faut-il s’inquiéter ? Ma santé est-elle en danger actuellement ?

L’information est à prendre avec des pincettes . Pour commencer sachez que ces taux inquiétants ne concernent qu’un échantillon, ces mêmes taux varient totalement d’un échantillon à un autre et parfois même au sein du même échantillon.
Bon nombre de paramètres sont également à prendre en compte, en effet les résultats auront tendance à changer de manière flagrante selon le rythme de vapotage de la personne ainsi que selon ses bouffées (plus ou moins fort selon chacun).

 

La faute à la presse

Mais le vrai problème ici vient des médias, en relisant l’étude avec attention on constate que les taux repris par la presse, à savoir 10 fois plus de formol avec le vapotage, sont largement exagérés.

Certes le chiffre est bien réel mais il ne concerne qu’un seul échantillon pour un seul produit en particulier, qui lui-même ne concerne qu’une substance en particulier. On parlerait donc éventuellement d’une marque, une seule marque parmi une multitude présentes sur le marché.

Après avoir contacté le professeur Kunugita, un site de recherche apprend même que dans ses résultats globaux le chercheur a observé non pas dix fois plus mais bien six fois moins de formol !

Avouez que l’on est quand même bien loin des gros titres vus en décembre.

Saluons tout de même l’effort de la presse qui a tenu des excuses publiques et corrigé ces résultats dans les numéros qui ont suivi. Oui mais voilà, une page entière pour parler des dangers de la cigarette électronique contre un petit encadré pour présenter ses excuses quelques jours plus tard, le mal est fait. Encore un bel exemple de campagne de désinformation pour essayer d’éliminer un moyen de sevrage encore trop méconnu à ce jour.

 

 

Malgré tout, cette étude soulève une autre question, celle de la régularisation de la cigarette électronique. En effet il existe encore des zones de vides juridiques pour la e-cigarette et certaines personnes comme l’épidémiologiste Catherine Hill voudraient voir la cigarette à vapeur devenir un médicament afin de mieux l’encadrer et contrôler les liquides vendus avant qu’ils débarquent sur le marché.