A moins d’avoir vécu dans une cavité rocheuse ces derniers mois, un débat, une crainte n’a pu vous échapper. Diacétyle et e-liquide. Deux mots associés dans la presse, témoins d’une grande inquiétude. Les études le prouvent, certains e-liquides contiennent du diacétyle, un procédé chimique utilisé dans l’industrie alimentaire, toxique lors de l’inhalation. Doit-on s’inquiéter et arrêter de vapoter ? Retour sur une polémique, et une histoire pas si récente.

1507261858Pourquoi le déiacétyle inquiète-t-il ?

Le diacétyle est une substance chimique issue de procédés de fermentation. On le trouve dans la bière, le vin, certains produits laitiers, et les produits alimentaires employant l’arôme « beurre ». Très employé par l’industrie agro-alimentaire, il ne constitue aucune menace lorsqu’il est ingéré. C’est lors de l’inhalation que les problèmes surviennent….Le diacétyle n’est pas fait pour être respiré. Ingérer n’est pas inhaler, et les poumons ne sont pas un estomac,…les deux organes ne subissent par conséquent pas le produit de la même manière. Si l’estomac et ses capacités digestives est capable d’intégrer la substance, le diacétyle affecte les organes respiratoires et peut causer une maladie pulmonaire grave : la bronchiolite oblitérante. Le système respiratoire est dépourvu d’enzymes puissantes et de métabolisme de détoxification, et est par conséquent incapable de supporter le diacétyle.

 

Diacétyle : les craintes ne datent pas d’hier…

C’est au début des années 2000 que l’implication du diacétyle dans le développement de la bonchiolite oblitérante a été prouvée. La maladie a commencé à se développer chez les travailleurs dans les usines de pop-corn aux USA, d’où l’appellation du trouble « popcorn workers lung » aux Etats Unis. Le pop-corn contenant la saveur beurrée, des vapeurs, gouttelettes de  diacétyle étaient régulièrement diffusées dans l’air et inhalées par les ouvriers, nombreux à développer la bronchiolite oblitérante.

En 2006, c’est donc avéré. Le diacétyle est toxique lorsqu’il est inhalé. Il faudra cependant attendre 2010 pour que les premières inquiétudes concernant la présence de diacétyle dans les e-liquides n’émergent, et 2014 pour que la presse ne s’empare réellement de la question.
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Le Professeur Farsalinos pionnier des recherches

Le lien entre diacétyle, e-liquide et bronchiolite oblitérante a tardé à être effectué et a en partie été révélé par le Professeur Farsalinos. Le chercheur, très actif dans le domaine de la cigarette électronique est le père de nombreuses études dont l’une est entièrement consacrée au diacétyle dans les e-liquides. Konstantinos Farsalinos a testé 159 échantillons, provenant de 36 fabricants, dans 6 pays différents. Parmi les produits testés 74,2% contenaient du diacétyle ou de l’acétyle propionyle, une substance ressemblante.

Le docteur Farsalinos a rapidement estimé que la présence des deux substances étaient évitable, et a interpellé les producteurs sur la possible utilisation  d’autres process de fabrication. Des processus en accord avec les taux alors en vigueur….des taux à relativiser car pensés d’après les normes émises par NIOSH qui a émis des valeurs sur la base du milieu ouvrier. Or, les rythmes de ventilation d’un ouvrier et d’un vapoteur ne sont pas les mêmes.

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Diacétyle : pourquoi les fabricants n’ont-ils pas pris position ?

Malgré ce constat amère, les méthodes de fabrication n’ont pas été révolutionnées. Pourquoi ? Car le diacétyle est principalement contenu dans des saveurs gourmandes, très appréciées et plébiscitées par les vapoteurs. Les producteurs ont été nombreux à effectuer les tests sur leurs produits après l’annonce, mais les liquides contenant du diacétyle étaient souvent les plus vendus. Un dilemme sanitaire et commercial a alors vu le jour… Vendre au risque d’affecter la santé des consommateurs ? Faire tester tous les e-liquides au risque de voir les prix gonfler ?

Le problème est que la présence de diacétyle se trouve souvent dans les arômes, arômes produits par un autre fabricant. Une partie de la chaîne de production sur laquelle le fabricant d’e-liquide n’est pas forcément en mesure d’intervenir… Il faudrait alors que chaque fabricant teste ses e-liquides, ce qui est possible, mais aurait forcément un impact sur le prix de vente.

Que faire ? Arrêter de vapoter ?

Non. Mais vapoter avisé. Les pays comme la France font déjà des tests de normalisation, comme la norme Afnor réglementant les taux de diacétyle. Peut être faut-il se méfier en attendant une législation globale des e-liquides à la saveur crémeuse., le diacétyle synthétise le goût beurré et a donc plus de chances de se retrouver en forte concentration dans ces liquides. L’information sur le produit pourra rassurer le consommateur. Car si le diacétyle est un danger pour la santé, il n’est pas présent dans TOUS les e-liquides et la cigarette électronique demeure moins nocive que le tabac.